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Carta abierta del torero francés Julien Lescarret, en L’Echo du Callejon

écrit en français, bien sûr...

El diestro francés ha anunciado su retirada de los ruedos, a veinte años de sus primeros pasos y tras más de diez como matador de toros.

Julien Lescarret debutó como novillero con picadores en Brocas Les Forges (Francia) en el año 2000 y tomó la alternativa dos años más tarde de mano de Fernández Meca en el coso también galo de Eauze. Confirmó en 2005 en Las Ventas compartiendo terna junto a José Luis Moreno y Sergio Aguilar. En esta última temporada, Lescarret ha trenzado el paseíllo en once ocasiones, todas ellas en ruedos franceses. (tomado de cope.es)

Publicada en L'Echo du Callejon online 06-10-2011

Chers amis aficionados,

Un jour de mai 1992, je faisais mes premiers pas dans une arène du coté de Tolède. 20 ans plus tard, et toujours dans l’arène, je valorise ce choix de vie qui me comble de bonheur.

Parmi toutes ces années, ma trajectoire sera devenue sérieuse et professionnelle le 7 juillet 2002 à Eauze, lors de mon alternative. C’est donc l’année prochaine que je fêterai mes 10 ans de carrière de matador de toros, ainsi que ma 100ème corrida européenne (98 pour l’instant).

Il s’agit pour chaque torero, d’un anniversaire symbolique et important de sa passion. Un événement qui met en lumière le parcours accompli, les joies et les difficultés endurées, le respect qu’il impose et la passion qu’il suppose. Je souhaite donc créer l’événement dans ces mêmes arènes gersoises, en proposant une corrida aux diverses curiosités artistiques, mêlant musique, peinture, littérature et toros. Un projet déjà partagé avec Michel Gabas, Maire d’Eauze.

Ainsi donc 2012 sera pour moi un anniversaire mais pas seulement. Ce sera aussi une année sans « apoderado », puisque Olivier Baratchart et moi-même avons décidé d’un commun accord de ne pas poursuivre notre collaboration professionnelle. Ensemble, nous avons traversé la France, l’Espagne et l’Atlantique pour le Mexique et la Guadeloupe. Ensemble, nous avons connu les triomphes et les échecs. Ensemble, nous avons souffert les blessures. Ensemble, nous avons lié une amitié qui va au-delà du milieu taurin. Toutefois notre aventure professionnelle arrive au bout de sa route, et je poursuivrai seul la négociation de mes futurs contrats. J’ai par conséquent l’intention de m’adresser directement à tous ceux qui seront à la direction des arènes afin de signer mon inclusion dans les cartels où j’estime avoir ma place.

2012… Un anniversaire, une séparation, mais pas seulement. Elle sera sans nul doute ma dernière saison en tant que matador de toros. Un choix réfléchi et poussé par mon ressenti, qui d’ailleurs aura toujours été mon guide dans ma passion. J’ose porter un regard de fierté sur le chemin que j’ai emprunté, essayant d’exister par le mérite et par la générosité, portant le flambeau de l’Aficion d’Aquitaine à travers le monde. Je souhaite durant encore une saison, partager ce que je suis et ce qui me définit dans les «ruedos » d’ici et d’ailleurs. A ce jeu-là, je n’ai pas l’intention de lancer une grande tournée d’adieux, d’abord parce que j’estime ne pas la mériter, mais aussi parce que j’aimerais rester le plus sincère possible avec les aficionados, et leur proposer une « despedida » de qualité. J’aime encore à croire, même au regard de ma dernière temporada sans grand succès, que je suis capable d’attiser la curiosité et le questionnement avant de me retirer. Sachez qu’il s’agit d’un départ définitif, et que de nombreuses joies m’attendent. Il ne reste qu’à aller les chercher là où elles se trouvent.

J’en profite, ici, pour remercier tous ceux qui m’ont encouragé, soutenu, suivi. Tous ceux qui ont fait de mes instants taurins une richesse.

Je vous annonce aussi deux bonnes nouvelles :

A l’occasion de mes 10 ans d’alternative, paraîtra en mai 2012, un livre aux éditions du Diable Vauvert, dans lequel j’écris mes souvenirs taurins, avec la participation de nombreux amis artistes tels que Zocato, Marmande, Charnet, Loren, Sodore, Salvat, Volle…

Une collection limitée de chemise à l’image de mon futur costume, verra le jour sous la marque Banderillas.

Merci à tous de votre attention.

Sachez que je pars pour la Colombie pour honorer un contrat à Cali le 13 novembre et représenter la France au cartel de la corrida de la Hispanidad, mais je reste à votre disposition pour d’éventuels compléments d’informations.

Carpe diem, Julien Lescarret